La plagiocéphalie ou « tête plate » du bébé / Torticolis et ostéopathie

Préambule

Nous sommes spécialisés dans la prise en charge des déformations crâniennes du nourrisson. Ainsi nous animons régulièrement des conférences et ateliers sur la plagiocéphalie, à destination des parents et/ou des professionnels de la santé (voir la page Actualités : Conférences/Ateliers/Etudes plagiocéphalie).

Si vous souhaitez une intervention sous forme de présentation orale (conférence), d’atelier, d’article…vous pouvez nous contacter directement (voir la page « Contact« ).

Pour toute prise en charge, prise de mesure de la tête de votre enfant afin d’objectiver et quantifier la déformation du crâne, pour un avis concernant le besoin d’une orthèse crânienne (casque) ou non, vous pouvez nous contacter pour prendre un rendez-vous.

Par ailleurs, nous avons plusieurs projets de recherche en cours sur ce sujet, et nous avons publié la première et unique étude française sur l’ostéopathie et la plagiocéphalie, voir la page : Actualités : Conférences/Ateliers/Etudes plagiocéphalie 

Nous voyons tous les jours au cabinet beaucoup de bébés pour ce motif, et avec de très bons résultats aussi bien en prévention (pour éviter que la déformation apparaisse), qu’en traitement (pour permettre à la déformation de se résorber et à la mobilité globale de l’enfant d’être restaurée) notamment si cela est pris tôt.

Cette problématique de tête plate n’étant à ce jour pas assez prise au sérieux, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis des recommandations à destination des professionnels. Nous avons fait partie des experts du groupe de travail de la HAS chargés de la rédaction de ces recommandations (voir la page : Recommandations HAS déformations crâniennes positionnelles / plagiocéphalie).

Selon la dernière étude française réalisée à l’HFME Bron (69), il y aurait environ 40% de nourrissons concernés par ce problème de tête plate (Di Rocco F et al. Prevalence and severity of positional plagiocephaly in children and adolescents. Acta Neurochirurgica 2019;161(6):1095-8.)

Au cabinet, nous sommes très touchés par les témoignages des parents qui nous rapportent trop souvent le même parcours : « on nous a dit que ce n’est rien, que c’est normal, tous les bébés ont la tête plate, que les cheveux cacheront, que ça passera avec le temps… » alors que la déformation s’aggrave et amène les parents à nous consulter.

Ainsi nous sommes très sensibilisés à cette problématique de tête plate, et nous nous sommes spécialisés dans ce domaine depuis plusieurs années afin de répondre aux attentes des parents, de les éclairer au mieux au regard des dernières données scientifiques à ce sujet (dont certains professionnels n’ont pas encore connaissance) et en pensant avant tout au bien-être et au devenir des enfants.

Le contenu de cette page s’appuie à la fois sur les recommandations de la HAS, sur la littérature scientifique internationale, et sur notre expérience et celle de milliers d’enfants et de parents que nous avons reçus en consultation.

Tout d’abord, il est important de distinguer les déformations positionnelles (ou posturales), très courantes, des craniosténoses (ou craniosynostoses) beaucoup plus rares (cf bas de page).

I) Les déformations crâniennes « positionnelles » (ou posturales)

1) Définitions

Il existe notamment 2 types de déformations crâniennes positionnelles :

-la brachycéphalie, qui est un aplatissement de l’arrière crâne de manière globale (sans asymétrie);2-brachycéphalie-dessus4

-la plagiocéphalie, qui est un aplatissement d’un côté de l’arrière crâne (donc asymétrique), souvent associé à une avancée du front (os frontal) et de l’oreille du même côté (ci-dessous : une plagiocéphalie droite, avec un aplatissement de l’arrière du crâne à droite, une avancée de l’oreille droite et du front à droite, le tout décrivant une forme typique en « parallélogramme »).

7-plagio-dessus

Ce sont ces déformations que nous rencontrons le plus fréquemment en cabinet.

bebe tete plate plagiocephalie

image de droite : plagiocéphalie gauche

Remarque : certains enfants présentent un combiné plagiocéphalie-brachycéphalie, avec des degrés de sévérité différents.

A noter que le terme « plagiocéphalie »  regroupe selon certains auteurs  l’ensemble des différents types de têtes plates chez les bébés.

Il prend différentes dénominations dans la littérature française : plagiocéphalie postérieure d’origine positionnelle (PPOP), plagiocéphalie non synostosique occipitale (PNSO), plagiocéphalie sans synostose, plagiocéphalie fonctionnelle, plagiocéphalie déformatrice…et enfin dans le langage courant « syndrome de la tête plate ».

Dans la littérature anglaise, il existe aussi différentes appelations : flat heat syndrom, deformational posterior plagiocephaly, positional occipital plagiocephaly, plagiocephaly without synostosis, nonsynostosic plagiocephaly, positional skull deformities…

2) Les causes d’une déformation crânienne positionnelle

Il existe des facteurs de risque, souvent combinés :

pendant la vie intra-utérine : gros bébés (macrosomes), première grossesse (primiparité), manque de place dans le ventre, jumeaux, contractions fréquentes, mauvaise position intra-utérine (bébé bas dans le bassin par exemple)…

pendant l’accouchement : premier accouchement, accouchement long (faux travail), utilisation de certaines manoeuvres obstétricales ou d’instruments, expulsion longue, prématurité…

pendant les premières semaines de vie : manque de temps d’éveil sur le ventre, manque de stimulation droite-gauche, manque de portage du bébé et sur-utilisation de matériel de puériculture inadapté (transat, siège-coque (cosy), balancelle, cocon, cale-bébé, coussin anti-tête plate, réducteurs…), déficit de rotation de la tête avec position préférentielle du bébé (= torticolis postural, bébé regarde toujours du même côté), torticolis musculaire congénital (incapacité de tourner la tête d’un côté)…

Il est important de préciser qu’une plagiocéphalie est très souvent associée à un torticolis, qu’il soit postural (ou fonctionnel ou attitude en torticolis) ou musculaire (torticolis musculaire congénital, TMC). Dans tous les cas, c’est le traitement du torticolis (par kinésithérapie et ostéopathie) qui permet de prévenir la plagiocéphalie.

Le couchage sur le dos pour dormir n’est pas à remettre en cause, car si l’enfant peut tourner la tête normalement des 2 côtés, et qu’il est correctement stimulé en journée, alors il ne développera pas de plagiocéphalie.

En fait, les 2 grandes causes d’une déformation crânienne positionnelle sont :

-un défaut de mobilité propre (ou intrinsèque) : le nourrisson est limité dans sa motricité, et notamment il ne peut pas tourner la tête aussi bien et aussi souvent d’un côté que de l’autre ;

-un défaut de mobilité extrinsèque : manque de stimulation lié à l’environnement (sur-utilisation de matériel de puériculture, manque de portage, manque de temps d’éveil sur le ventre ou sur les côtés…).

Ces 2 causes peuvent être soit isolées, soit combinées.

Remarque : torticolis, RGO (reflux gastro-oesophagien), coliques du nourrisson, obstruction du (ou des) canal lacrymal et PLAGIOCEPHALIE-BRACHYCEPHALIE

Nous constatons régulièrement une association entre torticolis, RGO, coliques du nourrisson, obstruction d’un (ou des 2) canal lacrymal (les yeux larmoient, il y a des croutes dans l’oeil…) et déformations crâniennes. En fait, tout peut être en lien, et nous prenons en compte la globalité de l’enfant afin d’être plus efficace dans le traitement.

Pour plus d’informations sur le RGO, voir la page : Régurgitations – Reflux Gastro-Oesophagiens (RGO) – Vomissements

Pour plus d’informations sur les coliques du nourrisson : voir la page Coliques du nourrisson – inconfort et troubles digestifs

Pour plus d’informations sur le canal lacrymal, voir la page : Canal lacrymal bouché – Conjonctivite – Yeux sales – Dacryosténose

 

3) Les différents types de torticolis

Le torticolis est une malposition définie par une inclinaison d’un côté et une rotation opposée de la tête. Le torticolis est très souvent associé à la déformation crânienne. Il est en général présent dès la naissance (même s’il ne s’exprime pas toujours dès la naissance et peut donc apparaître au bout de plusieurs jours) et peut être principalement de 3 types :

torticolis postural ou torticolis positionnel, ou attitude en torticolis : l’enfant peut tourner la tête des 2 côtés, mais il tourne plus souvent la tête d’un côté, notamment pour dormir (position de confort).  Ce torticolis est trouvent associé aux plagiocéphalies, car le diagnostic n’est pas toujours établi, puisqu’il n’est pas franc. L’enfant n’est pas vraiment bloqué, il peut tourner des 2 côtés si on le stimule, mais spontanément il va tourner sa tête plus facilement d’un côté, et c’est ce côté qui va s’aplatir progressivement. Les signes peuvent être visibles très tôt (dans les premiers jours) si l’on examine bien l’enfant (notamment en regardant le crâne du dessus), mais souvent l’aplatissement est vu par les parents ou par certains professionnels vers 2 ou 3 mois.

torticolis musculaire congénital (TMC) : secondaire à une rétraction d’un muscle SCOM (sterno-cléido-occipito-mastoidien, au niveau du cou) qui induit une inclinaison de la tête du côté du muscle rétracté et une rotation du côté opposé. Ici la réduction est très difficile et parfois impossible, c’est-à-dire que l’enfant ne peut pas tourner la tête d’un côté. Il est beaucoup moins fréquent que le torticolis postural, mais est beaucoup mieux diagnostiqué puisqu’il est très net. Il nécessite un traitement en kinésithérapie et en ostéopathie le plus tôt possible dès la naissance.

torticolis osseux : beaucoup plus rare, irréductible, rigide, secondaire à des malformations osseuses (maladie de Klippel-Feil, dysplasie osseuse…). Ici le traitement peut être chirurgical.

4) Les conséquences possibles ou troublés associés à une déformation crânienne positionnelle

Ces déformations sont, évidemment, moins graves que les craniosténoses (dont le traitement est chirurgical, nous le verrons plus loin), mais elles sont encore trop souvent considérées comme bénignes par beaucoup de professionnels de santé, alors qu’elles ne le sont pas toujours complètement.

En effet, on entend parfois dire « ça passera avec le temps », ce qui est loin d’être vrai dans 100% des cas comme le montre la littérature scientifique (et la photo ci-dessous), surtout si les conseils de positionnement d’une part, et de consultation chez un kinésithérapeute et un ostéopathe d’autre part, ne sont pas donnés aux parents.

On entend aussi dire « les cheveux cacheront l’asymétrie », « ce n’est qu’esthétique »…ce qui selon nous n’est pas du tout un argument qui mérite qu’on laisse évoluer une déformation crânienne, car ce n’est pas toujours qu’un problème esthétique, de nombreuses études scientifiques récentes commencent à l’évoquer (voir le rapport d’élaboration de la HAS), et par ailleurs les cheveux ne cachent pas toujours l’asymétrie! Et même si les cheveux cachent, la déformation reste bien présente.

osteopathe tete plate

Garçons de 3 ans et demi, avec une plagiocéphalie positionnelle droite.

Voici des photos d’un vrai crâne (merci à P.T.). Un jeune adulte (ce qui montre bien que ça ne revient pas toujours), présentant une plagiocéphalie droite, entrainant des asymétries nettes sur l’ensemble du crâne…Bien sûr, toutes les plagiocéphalies n’entraînent pas autant d’asymétries, mais ces photos montrent bien le retentissement possible.

 

Merci de nous demander l’autorisation pour toute utilisation de ces photos (par mail, cf onglet contact).

20180309_164101

plagiocéphalie droite, méplat occipito pariétal droit, avancée du frontal droit, asymétrie des sutures coronales

20180309_163920

Plagiocéphalie droite, avancée de l’hémicrâne droit et notamment du frontal droit

20180309_163818

Plagiocéphalie droite, fermeture des foramens (trous) de la base du crâne, dans lesquels passent vaisseaux et nerfs

20180309_164009

Plagiocéphalie droite, fermeture des foramens de la base du crâne à droite

20180309_164034

Plagiocéphalie droite, déviation de la cloison nasale

20180309_164124

Plagiocéphalie droite, asymétrie postérieure avec méplat occipito-pariétal droit

De nombreuses études relatent des troubles potentiels sur différents plans :

-cognitif et psychomoteur (retard dans le développement de certaines acquisitions) ;

-troubles de l’audition et de l’équilibre (par modification anatomique du système ORL) ;

-troubles de la vision ;

-troubles de la déglutition, de la mastication, de l’occlusion ;

-troubles posturaux (tensions des muscles du dos, et la scoliose est par exemple évoquée en hypothèse).

A ce jour, il est difficile d’affirmer à 100% que c’est la déformation qui est à l’origine de ces troubles. Les études actuelles ne permettent pas de faire lien de causalité directe. La déformation est aussi perçue par certains auteurs comme le témoin d’un dysfonctionnement interne, celui-ci entraînant les troubles cités plus haut.

En tous les cas, corriger la déformation est certes important, mais il est aussi et surtout important de corriger ce qui a entraîné la déformation, en général le torticolis. C’est le rôle des thérapeutes manuels (ostéopathes et kinésithérapeutes). Le torticolis non traité peut également être à l’origine des troubles évoqués plus haut.

5) A. L’ostéopathie : Pourquoi?

Contrairement à la craniosténose qui mérite une prise en charge médicale-chirurgicale, la déformation crânienne positionnelle doit être prise en charge par un kinésithérapeute et un ostéopathe (surtout si la prise en charge est tardive, afin d’avoir un maximum d’efficacité), puisque comme nous l’avons vu, cela ne passe pas forcément avec le temps, et cela est potentiellement corrélé à des troubles non négligeables.

Bien souvent, les parents constatent que les conseils de positionnement seuls (inciter bébé à regarder du côté opposé) ne suffisent pas à corriger la préférence de rotation et la déformation, car bébé revient toujours dans sa position privilégiée. C’est typiquement un signe qui justifie une consultation en ostéopathie.

Notre but est dans un premier temps de quantifier la déformation si elle existe déjà, en prenant des mesures de la tête du bébé avec un craniomètre (périmètre crânien, diagonales et décalage des oreilles pour la plagiocéphalie, et indice céphalique (rapport largeur/longueur) pour la brachycéphalie). Dans un deuxième temps, et c’est bien le plus important, nous repérons et traitons les blocages/déséquilibres qui sont la cause de la déformation (ou qui vont créer la déformation si celle-ci n’est pas encore présente).

5) B.L’ostéopathie : Quand?

Selon nous, l’ostéopathe devrait être consulté en prévention d’une déformation crânienne lorsqu’il y a préférence à la rotation de la tête ou torticolis, et en traitement d’une déformation crânienne puisque celle-ci est associée à un défaut de mobilité qu’il convient de traiter . L’idéal étant de loin en prévention, donc dans le premier mois, et à défaut en traitement lorsque la déformation est déjà présente voire bien avancée. A noter qu’il n’est jamais trop tard pour consulter, même si les chances de récupérer une symétrie s’amenuisent avec le temps, il s’agira surtout de traiter ce qui a causé la déformation, afin de limiter les conséquences et s’assurer d’un développement harmonieux.

5) C. Combien de séances sont nécessaires?

Cela dépend évidemment des cas. Encore une fois, plus l’enfant est vu tôt (au mieux dans le premier mois) et mieux c’est, en général 1 à 2 consultations suffiront. Après 1 mois, et si la déformation et les restrictions de mobilité (ou « blocages ») sont bien marqués, alors il faudra souvent plusieurs séances. On nous demande souvent jusqu’à quand il est possible de consulter : il n’y a pas d’âge, le plus tôt est le mieux, mais même à 6 mois, 12 mois, 2 ans, ou même après, il faut consulter pour mettre en place un traitement adapté à votre enfant.

5) D. Combinaison conseils aux parents + kinésithérapie + ostéopathie  

La consultation d’ostéopathie à elle seule ne suffit pas toujours à enrayer totalement l’évolution. En revanche, elle constitue un point de départ essentiel au traitement : elle permet d’équilibrer certaines zones et de redonner de la mobilité où il en manque. Ensuite, ce sont les parents, qui sont 24h/24h avec leur enfant, qui auront un travail tout aussi important que celui de l’ostéopathe à réaliser, afin que la séance soit réellement bénéfique. Cela est à accompagner d’un suivi en kinésithérapie également (nous travaillons d’ailleurs avec plusieurs kinésithérapeutes pédiatriques spécialisés, dans Lyon et alentours).

C’est pourquoi l’ostéopathie seule, ou les conseils seuls ne sont pas toujours suffisants, mais c’est vraiment la combinaison de tout cela qui permettra un succès thérapeutique quasi assuré. Il nous est difficile d’évoquer tous ces conseils ici (portage, stimuler bébé du côté opposé…), car ils dépendent de votre bébé et de sa problématique personnelle. Ces conseils sont donnés de manière personnalisée en fin de séance pour chaque enfant.

En ce qui concerne les déformations crâniennes, nous travaillons en relation avec le Docteur Mottolese Carmine et ses collègues le Docteur Szathmari Alexandru, et le Professeur Di Rocco Federico, qui exercent au sein de l’Hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) de Lyon ainsi qu’à l’Hôpital Neurologique Pierre Wertheimer de Lyon.

Il nous arrive également d’orienter les parents vers le Professeur Gleizal Arnaud à l’HFME ou à l’Hôpital de La Croix-Rousse.

6) L’orthèse crânienne : notre avis sur les casques 

L’idéal, comme nous l’avons déjà dit, est d’agir en prévention, avant ou au tout début de la déformation, afin d’éviter qu’elle n’apparaisse ou s’aggrave. Ainsi, nous pensons sincèrement q’une prise en charge précoce (ostéopathie, conseils de positionnement, kinésithérapie) permet dans la grande majorité des cas d’éviter le port du casque.

Nous mettons tout en oeuvre pour traiter l’enfant au mieux, conseiller les parents au mieux, afin d’éviter le port du casque.

Malheureusement, nous voyons parfois des nourrissons trop tardivement, avec des déformations sévères. Dans certains cas, le casque a des effets bénéfiques sur l’asymétrie crânienne, et nous le constatons bien en cabinet, et plusieurs études scientifiques le montrent également. Ainsi, lorsque nous recevons les bébés tardivement avec une déformation sévère, nous orientons les parents, s’ils le souhaitent, vers des centres qui proposent des casques. Selon les cas, nous orientons vers différents centres à Lyon et alentours (Lagarrigue Villeurbanne, Chabloz Oullins, Proteor Lyon, Doc Band Chavanay, Cranioform Genève…). A noter que l’orthèse crânienne est un dispositif médical, qui doit donc être prescrit par un médecin. C’est pourquoi nous orientons vers différents spécialistes pour cela.

L’ostéopathie doit bien sûr être poursuivie pendant le port du casque, la seule étude qui a été réalisée à ce sujet montre que la combinaison ostéopathie + kinésithérapie + casque a de meilleurs résultats que le casque seul (Cabrera-Martos, 2016).

Rappelons que la déformation n’est pas le seul critère à corriger, mais c’est surtout ce qui a entraîné la déformation qu’il faut corriger. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certaines déformations ne disparaissent pas, ou réapparaissent en partie après un traitement par casque.

II) La craniosténose

C’est une fermeture prématurée d’une ou plusieurs sutures du crâne. Il en existe 3 grands types :

-les craniosténoses non syndromiques : scaphocéphalie, trigonocéphalie, plagiocéphalie (due ici à une craniosténose), brachycéphalie, oxycéphalie, ce sont des défauts d’ossification sans autre anomalie. Vous pouvez vous référer au site suivant pour de plus amples informations : http://association-epitetes.fr/

-la craniosténose secondaire, qui est due à l’arrêt de la croissance du cerveau, l’enfant présente une microcéphalie (ou « petite tête ») et souvent un retard mental.

-les craniosténoses syndromiques : regroupent un ensemble de maladies génétiques rares. Il existe ici différents symptômes, regroupés en Syndromes (Crouzon, Pfeiffer…). Vous pouvez vous référer au site suivant pour de plus amples informations : http://www.lesptitscourageux.net/

Nous ne rentrerons pas dans le détail de ces déformations, car la prise en charge est médicale et nécessite un avis chirurgical avant tout. Les craniosténoses sont heureusement beaucoup plus rares que les déformations positionnelles. Cependant, en tant qu’ostéopathes, nous nous devons d’observer précisément le crâne de l’enfant, de palper soigneusement les sutures du crâne et de noter toute anomalie pouvant faire craindre une craniosténose, et le signaler rapidement au pédiatre ou médecin qui suit l’enfant. En revanche, nous ne pouvons évidemment pas traiter une craniosténose en ostéopathie, le traitement sera en général chirurgical.

III) Le syndrome de KISS

Le syndrome de Kiss (« Kopfgelenk Induzierte Symmetrie Störungen » en allemand, soit « Troubles de symétrie induits par les vertèbres cervicales » en français, ou encore « kinematic imbalances due to suboccipital strain » en anglais) est l’existence de troubles fonctionnels des vertèbres cervicales supérieures  (jonction crânio-cervicale, occiput-atlas-axis). Ces restrictions de mobilité (ou blocages) peuvent perturber le développement du bébé et de l’enfant, et induire une déformation crânienne type plagiocéphalie ou brachycéphalie. Il est donc important de traiter ces restrictions.

Plus d’informations sur cette page : Syndrome de KISS

Si vous avez des questions complémentaires, ou si vous voulez un avis, n’hésitez pas à nous contacter (page « Contact« ).

Bibliograhie (non exhaustive)

Mulliken JB et al. Analysis of posterior plagiocephaly: deformational versus synostotic. Plastic Reconstruction Surgery 1999;103(2):371-380.

Biggs W. Diagnosis and management of positional head deformity.  American Family Physician 2003;67(9):1953-1956.

Steinbok P, Lam D, Singh S, Mortenson PA, Singhal A. Long-term outcome of infants with positional occipital plagiocephaly. Childs Nerv Syst 2007 Nov;23(11):1275-1283.

Miller RI et Clarren SK. Long term developmental outcomes in patients with deformational plagiocephaly. Pediatrics 2000;105(2):e26.

Panchal J. Neurodevelopment in Children with Single-Suture Craniosynostosis and Plagiocephaly without Synostosis. Plastic Reconstr Surg 2001;108:6:1492-1498.

Collett B et al. Neurodevelopmental Implications of “Deformational”Plagiocephaly. J Dev Behav Pediatr 2005 October ; 26(5): 379–389.

Kordestani RK et al. Neurodevelopmental Delays in Children with Deformational Plagiocephaly. Plastic and Reconstructive Surgery 2006;117(1):207-218; discussion 219-20.

Fowler EA et al. Neurologic findings in infants with deformational plagiocephaly. J Child Neurol 2008;23(7):742-7.

Speltz ML et al. Case-Control Study of Neurodevelopment in Deformational Plagiocephaly. Pediatrics 2010;125;e537-e542.

Hutchison BL, Stewart AW, de Chalain T, Mitchell EA. Serial developmental assessments in infants with deformational plagiocephaly. J Paediatr Child Health 2012 Mar;48(3):274-8.

Collett BR et al. Brain volume and shape in infants with deformational plagiocephaly. Childs Nerv Syst 2012 Jul;28(7):1083-90.

Collett BR et al. Development at age 36 months in children with deformational plagiocephaly. Pediatrics.2013 Jan;131(1):e109-115.

Collett BR et al. Development in toddlers with and without deformational plagiocephaly. Arch Pediatr Adolesc Med 2011 Jul;165(7):653-658.

Balan P et al. Auditory ERPs reveal brain dysfunction in infants with plagiocephaly. J Craniofac Surg. 2002 Jul;13(4):520-5; discussion 526.

Siatkowski RM et al. Visual field defects in deformational posterior plagiocephaly. J AAPOS. 2005 Jun;9(3):274-8.

Gupta  PC et al. Ophthalmologic findings in patients with nonsyndromic plagiocephaly. The Journal of craniofacial surgery, 2003;14(4), 529-532.

Cabrera-Martos I et al. Repercussions of plagiocephaly on posture, muscle flexibility and balance in children aged 3–5years old. Journal of Paediatrics and Child Health 2016;52;541–546.

Habal MB et al. Avoiding the Sequela Associated With Deformational Plagiocephaly. Journal of Craniofacial Surgery 2003;14(4):430-437.

Korpilahti P, Saarinen P, Hukki J. Deficient language acquisition in children with single suture craniosynostosis and deformational posterior plagiocephaly. Childs Nerv Syst 2012 Mar;28(3):419-425.

Cabrera-Martos I et al. Effects of manual therapy on treatment duration and motor development in infants with severe nonsynostotic plagiocephaly: a randomised controlled pilot study. Child’s Nervous System 2016;32(11):2211-7.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a été interpellée par l’association Le Lien sur la question de la plagiocéphalie : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-07/dir33/saisine_le_lien_plagiocephalie.pdf

La HAS devait émettre des recommandations aux parents et aux professionnels de santé : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-07/dir33/dc_2017_0086_droit_d_alerte_le_lien_plagiocephalie_cd_2017_06_28_vd.pdf

C’est chose faite, ici : Recommandations HAS déformations crâniennes positionnelles / plagiocéphalie