Syndrome de KISS

Le syndrome de KISS

Le syndrome de Kiss (« Kopfgelenk Induzierte Symmetrie Störungen » en allemand, soit « Troubles de symétrie induits par les vertèbres cervicales supérieures » en français, ou encore « kinematic imbalances due to suboccipital strain » en anglais) est décrit comme étant l’existence de troubles fonctionnels des vertèbres cervicales supérieures (C0-C1-C2 soit occiput-atlas-axis).

Plus simplement, c’est un « blocage » (et parfois une translation) des vertèbres cervicales supérieures (haut de la nuque), en général dû à des contraintes in-utéro et/ou lors de l’accouchement.

D’un point de vue scientifique, il n’y a pas de consensus ni sur l’existence de ce syndrome, ni sur le diagnostic, ni sur le traitement.

Il peut induire une déformation crânienne type plagiocéphalie ou brachycéphalie, ce que nous traitons tous les jours au cabinet, et cela nous amène donc à voir très régulièrement des cas qui entrent dans la définition du « syndrome de KISS ».

Nous allons donc expliquer ce que nous en pensons, en lien avec notre expérience au cabinet.

Tout d’abord ce syndrome est peu connu en France, beaucoup plus en Allemagne, puisque le terme a été créé par un chiropraticien Allemand, nommé Biedermann.

Selon nous, et comme nous l’expliquons toujours aux parents désormais, que l’enfant ait un « syndrome de KISS » ou pas est en fait peu important, l’essentiel est de diagnostiquer et de traiter les différents blocages ou restrictions dans le corps de l’enfant, notamment au niveau des cervicales supérieures, mais pas uniquement, et c’est ce que nous faisons tous les jours en cabinet. Il convient donc selon nous à la fois de prendre le problème au sérieux car les symptômes peuvent être importants, mais aussi de dédramatiser sur l’existence d’un « syndrome », qui peut effrayer inutilement les parents.

Un syndrome est un ensemble de symptômes, en l’occurrence « le KISS » ou le blocage des cervicales supérieures peut entraîner des problèmes divers et variés, parfois très difficiles à supporter tant pour l’enfant que pour les parents. Le parcours des parents est parfois difficile, et leur récit est souvent similaire: ils sentent que leur enfant a « quelque chose qui ne va pas » sans que l’on puisque l’expliquer, alors qu’il semble en bonne santé médicale par ailleurs pour la plupart.

Bien que les symptômes sont variables d’un enfant à l’autre car le blocage et les tensions qui en découlent varient selon les enfants, il existe 2 types qui sont décrits dans la littérature scientifique, qui est très faible sur le sujet :

Type 1 : Inclinaison latérale

La tête, la colonne et le bassin de l’enfant décrivent un arc en « C ». Cela entraîne donc différentes asymétries :

-au niveau de la tête : aplatissement de l’arrière du crâne type plagiocéphalie puisque l’enfant a la tête tournée souvent du même côté),

-du visage : un oeil peut être plus fermé que l’autre, la mâchoire peut être décalée, les oreilles peuvent être décalées,

-des membres supérieurs : les bras ne sont pas forcément utilisés de manière symétrique,

-de la colonne qui décrit un « C » comme si l’enfant présentait une scoliose,

-du bassin et des membres inférieurs : les jambes comme les bras peuvent ne pas être utilisées de manière symétrique. Il peut y avoir une asymétrie du pli fessier (raie des fesses, et jonction entre fesses et cuisses également).

Type 2 : Hyperextension ou « opisthotonos »

Dans ce cas l’enfant n’est pas asymétrique. Il présente une hyper-extension de la tête et de la colonne vertébrale, c’est-à-dire qu’il se cambre et jette sa tête en arrière. Il peut présenter une déformation crânienne également, mais cette fois-ci non asymétrique (type brachycéphalie : aplatissement postérieur global du crâne, du au manque de rotation de la tête sur le côté).

L’enfant semble hypertonique, tendu, n’aime pas être sur le dos, et parfois n’aime pas être sur le ventre non plus (il « fait l’avion » avec les bras et les jambes en l’air).

 

=> Dans les 2 types, le développement psycho-moteur de l’enfant peut donc être perturbé, lors du ramper, du quatre pattes, de la station assise, de la marche, de la préhension, de la motricité fine…

L’enfant est également irrité, fait des crises de pleurs fréquentes qui témoignent de son inconfort, présente des troubles du sommeil et de l’endormissement, des troubles digestifs (reflux ou RGO, coliques, constipation), des troubles de la succion (difficulté à prendre le sein voire le biberon, avec des fausses routes).

Tous ces symptômes sont liés notamment à la complexité de la zone cervicale supérieure, où sont présentes des structures importantes :

-le nerf vague (X) qui innerve les poumons, le cœur et le système digestif ;

-les nerfs responsables de la succion déglutition (nerfs IX et XII) ;

-le nerf responsable de l’innervation d’une partie des muscles du cou (nerf XI) ;

-les vaisseaux (artères et veines) qui irriguent et drainent le crâne.

C’est pourquoi une tension importante à cet endroit peut entraîner des symptômes aussi variés, et il est donc primordial de traiter cette zone en ostéopathie chez beaucoup de nourrissons.

 

Le traitement

Beaucoup de nourrissons présentent des symptômes qui peuvent s’apparenter au Syndrome de KISS, car beaucoup de nourrissons présentent des tensions au niveau des cervicales supérieures, en lien avec l’accouchement ou la vie intra-utérine comme dit précédemment.

Mais heureusement, tous les nourrissons n’ont pas besoin d’une manipulation forcée pour être traités, contrairement à ce que l’on peut entendre ou lire parfois sur internet. C’est même rare qu’une manipulation soit absolument nécessaire. Dans la grande majorité des nourrissons que nous recevons, nous arrivons sans manipulation forcée, mais par des mobilisations douces (conformément aux décrets sur l’ostéopathie, et dans le respect de l’enfant), à traiter les blocages présents, et donc les symptômes qui en découlent.

A noter que plus le traitement a lieu tôt, et plus l’efficacité est importante. Il peut donc nécessiter plusieurs séances si l’enfant est vu plus tardivement. Une manipulation ou manœuvre forcée peut s’avérer parfois plus rapide et plus efficace à court terme, mais selon notre expérience et l’expérience des parents, l’effet rebond (les effets indésirables suite à une séance) peut être très important du fait de cette manipulation, et l’enfant semblerait se « rebloquer » facilement ensuite. Selon nous, il vaut mieux libérer cette zone en quelques séances si nécessaire et de manière douce, mais durable, et sans oublier la globalité de l’enfant (de la tête au pied). En effet, un nourrisson ne se limite pas qu’à des cervicales, et le blocage est très rarement uniquement aux cervicales.

 

Remarque : lors de nos conférences et diverses interventions avec des professionnels de santé, nous évoquons bien souvent le syndrome de KISS, afin d’expliquer simplement en quoi cela consiste, comment le diagnostiquer, et comment le traiter. Selon nous, il est important que les professionnels de la petite enfance (pédiatres, médecins, sages-femmes, kinésithérapeutes, ostéopathes, puéricultrices, psychomotriciens…) comprennent que des tensions et blocages au niveau des cervicales et ailleurs peuvent entraîner des symptômes très invalidants, même si l’enfant semble être en bonne santé par ailleurs (il grandit bien et s’éveille bien en général), quoique pour certains enfants les troubles notamment alimentaires peuvent retentir sur la courbe de poids, et il est donc encore plus important de les traiter.