Syndrome de KISS

Le syndrome de KISS

Le syndrome de Kiss (« Kopfgelenk Induzierte Symmetrie Störungen » en allemand, soit « Troubles de symétrie induits par les vertèbres cervicales supérieures » en français, ou encore « kinematic imbalances due to suboccipital strain » en anglais) est l’existence de troubles fonctionnels des vertèbres cervicales supérieures (C0-C1-C2 soit occiput-atlas-axis).

Plus simplement, c’est un « blocage » (en général on parle de translation) des vertèbres supérieures de la nuque, pouvant entraîner une asymétrie de celles-ci.

Il nous paraît important de le développer ici car ce syndrome est peu connu en France. Il peut induire une déformation crânienne type plagiocéphalie ou brachycéphalie, ce que nous traitons tous les jours au cabinet, et cela nous amène donc à voir régulièrement des cas de KISS.

Ce syndrome entraîne des problèmes divers et variés, parfois très difficiles à supporter tant pour l’enfant que pour les parents. Bien que les symptômes sont variables d’un enfant à l’autre car le blocage et les tensions qui en découlent varient selon les enfants, il existe 2 types qui sont décrits dans la littérature scientifique (qui reste faible sur le sujet) :

Type 1 : Inclinaison latérale

La tête, la colonne et le bassin de l’enfant décrivent un arc en « C ». Cela entraîne donc différentes asymétries :

-au niveau de la tête : aplatissement de l’arrière du crâne type plagiocéphalie puisque l’enfant a la tête tournée souvent du même côté),

-du visage : un oeil peut être plus fermé que l’autre, la mâchoire peut être décalée, les oreilles peuvent être décalées,

-des membres supérieurs : les bras ne sont pas forcément utilisés de manière symétrique,

-de la colonne qui décrit un « C » comme si l’enfant présentait une scoliose,

-du bassin et des membres inférieurs : les jambes comme les bras peuvent ne pas être utilisées de manière symétrique. Il peut y avoir une asymétrie du pli fessier (raie des fesses, et jonction entre fesses et cuisses également).

 

Type 2 : Hyperextension ou « opisthotonos »

Dans ce cas l’enfant n’est pas asymétrique. Il présente une hyper-extension de la tête et de la colonne vertébrale, c’est-à-dire qu’il se cambre et jette sa tête en arrière. Il peut présenter une déformation crânienne également, mais cette fois-ci non asymétrique (type brachycéphalie : aplatissement postérieur global du crâne, du au manque de rotation de la tête sur le côté).

L’enfant semble hypertonique, tendu, n’aime pas être sur le dos, et parfois n’aime pas être sur le ventre non plus (il « fait l’avion » avec les bras et les jambes en l’air).

 

=> Dans les 2 types, le développement psycho-moteur de l’enfant peut donc être perturbé, lors du ramper, du quatre pattes, de la station assise, de la marche, de la préhension, de la motricité fine…

L’enfant est également irrité, fait des crises de pleurs fréquentes qui témoignent de son inconfort, présente des troubles du sommeil et de l’endormissement, des troubles digestifs (reflux ou RGO, coliques, constipation), des troubles de la succion (difficulté à prendre le sein voire le biberon, avec des fausses routes).

 

Remarque importante :

La difficulté réside dans le fait que beaucoup de nourrissons présentent des symptômes qui peuvent s’apparenter au Syndrome de KISS, mais évidemment tous les nourrissons ne sont pas des KISS.

Par exemple, un bébé qui a un RGO (reflux gastro-oesophagien) va avoir beaucoup de similitudes avec un type 2, car un RGO peut être causé par un Syndrome de KISS (un blocage et des tensions au niveau des cervicales supérieures), mais dans beaucoup d’autres cas un RGO est causé par d’autres problématiques, et notamment une immaturité entre l’oesophage et l’estomac. Il convient donc de ne pas diagnostiquer un KISS trop rapidement avec la seule présence de certains symptômes.

 

Diagnostic et traitement

Ce syndrome est rare et très peu connu en France, mais il est important de le diagnostiquer et de le traiter.

A la base notre domaine de prédilection est la plagiocéphalie (http://osteopathes-lyon3.fr/nourrissons/la-plagiocephalie-ou-tete-plate/) mais nous nous sommes progressivement sensibilisés à ce syndrome, et nous traitons régulièrement des nourrissons qui présentent les caractéristiques du KISS. Tout le monde n’est pas d’accord sur le diagnostique et le traitement. Selon nous, si c’est pris tôt (dans les premières semaines de vie), alors nous pouvons libérer les cervicales supérieures sans manipulation, et c’est ce que nous faisons quotidiennement sur les bébés (car beaucoup présentent des blocages au niveau des cervicales supérieures, caractéristiques du KISS ou non).

Mais dans certains cas, sur les formes sévères ou prise en charge tardive, une manipulation des vertèbres cervicales peut être nécessaire pour traiter le problème. En ce qui nous concerne, nous ne réalisons pas cette manoeuvre car les textes de loi sur l’ostéopathie ne permettent pas de réaliser des manipulations (que l’on pourrait comprendre par « manoeuvre forcée ») au niveau des cervicales. Ainsi lorsque nous estimons que cette manipulation est nécessaire, nous orientons les parents vers un médecin qui la réalise pour que l’efficacité soit maximale.

Il est important de préciser que plus le traitement a lieu tôt, et plus l’efficacité sera optimale. Il peut y avoir besoin de plusieurs consultations, souvent même, notamment si l’enfant est âgé lors de la première consultation. Mais mieux vaut consulter et traiter ce problème tardivement, que laisser évoluer l’enfant ainsi. En effet, après 2 ans, le Syndrome de KISS évolue et on parle de Syndrome de KIDD (Kopfgelenk Induzierte Dyspraxie / Dysgnosie) soit Dyspraxie/Dysgnosie induites par les vertèbres cervicales supérieures. Dans ce cas, certains troubles disparaissent et l’enfant semble « normal » en apparence, mais son développement va en fait continuer d’être perturbé si ce n’est pas traité.