LA DOULEUR

maux de tete osteopathe villeurbanne

La douleur est bien souvent le premier élément qui motive un patient à consulter un ostéopathe.

Il est donc indispensable pour un ostéopathe de bien connaître la douleur d’une manière générale, ses mécanismes, ses enjeux…mais aussi et surtout de comprendre la douleur de chaque patient : à quoi est-elle due? qu’est-ce qui fait mal chez ce patient en particulier? pourquoi? dans le but de pouvoir prendre en charge, et dans la mesure du possible, traiter cette douleur de la manière la plus juste et appropriée.

Par ailleurs, il nous semble également important que les patients comprennent ce qu’est la douleur. Les recherches en neurosciences avancent sans cesse dans le domaine de la douleur depuis quelques années, et les découvertes sont passionnantes.

La définition de la douleur communément admise au niveau scientifique est celle de l’Association Internationale pour l’Etude de la Douleur (IASP en anglais) qui la définit comme   «une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes ».

Il nous paraît important de considérer la douleur comme un signal d’alarme, et donc comme quelque chose de bénéfique à un moment donné, comme cela est très bien expliqué sur ce site : http://www.retrainpain.org/french-index

Certes, la douleur est désagréable, mais elle est utile pour protéger l’organisme d’une agression extérieure ou intérieure. Malgré cela, notre rôle en tant qu’ostéopathe est bien sûr de soulager la douleur des patients, mais aussi, et c’est un point selon nous primordial, d’expliquer pourquoi cette douleur s’est mise en place, et comment faire pour éviter qu’elle revienne.

Prenons l’exemple du lumbago (lombalgie aigue, ou douleur intense en bas du dos), motif de consultation très courant en ostéopathie, qui surviendrait lors d’un effort de soulever une charge lourde dans une mauvaise position (le dos arrondi notamment, cf dessin à gauche sur l’image ci-dessous).

ostéopathie mal de dos

Dans ce cas de figure, la douleur informe le patient que certaines structures anatomiques (souvent les disques entre les vertèbres lombaires) ont été sur-sollicitées, ou mal sollicitées, et la douleur empêche ainsi le mouvement et l’éventualité d’aggraver une lésion potentielle. La douleur est donc ici utile pour le corps. Lors de la séance, nous allons chercher à soulager le patient, mais également à lui expliquer pourquoi cela est-il arrivé (mauvaise position) et comment il doit se pencher à l’avenir pour soulever une charge (cf dessin à droite sur l’image ci-dessus), s’il veut que cette douleur ne revienne pas lors d’un prochain effort de ce type. Cela est important à la fois pour son confort, mais aussi et surtout pour ne pas risquer de réellement endommager un disque intervertébral par exemple (= hernie discale).

 

ostéopathie douleur

Le cas de la douleur chronique

Il faut distinguer la douleur aiguë (que nous venons de décrire à travers le lumbago) qui est en général symptôme d’une lésion, de la douleur chronique, après 3 mois d’évolution.

De nombreux patients consultent aussi pour ce type de douleur, qui dure depuis plus de 3 mois, parfois même depuis des années.

Dans ce cas, les neurosciences nous apprennent que même si le stimulus qui a déclenché la douleur de base disparaît, le cerveau peut continuer d’interpréter les messages lui arrivant comme de la douleur, et le patient peut donc toujours ressentir la douleur, du moins pendant un certain temps. C’est ce qui permet, entre autre, d’expliquer les douleurs des membres fantômes.

Il nous paraît important de comprendre que c’est bien le cerveau qui interprète la douleur, et son intensité. On sait que certaines personnes vont être plus « sensibles » que d’autres à la douleur, pour un même stimulus.

Prenons un exemple pour expliquer ceci : nous sommes tranquillement à la maison, et nous marchons par inadvertance sur une punaise qui traînait au sol, nous aurons le réflexe de retirer notre pied, et la douleur va être vive. Imaginons la même chose au plein milieu de l’autoroute, si nous marchons sur une punaise alors qu’un 36 tonnes nous fonce droit dessus, il y a de fortes chances que nous ressentions à peine la douleur sur le coup, car la priorité du cerveau à ce moment-là n’est pas la punaise, mais de courir pour évacuer le milieu de la voie.

Ceci explique pourquoi la douleur peut être augmentée selon l’état émotionnel dans lequel nous nous trouvons. La douleur a une composante émotionnelle non négligeable, et plus nous sommes stressés, nerveux, plus la douleur aura tendance a être ressentie de manière intense.

 

Le lieu d’expression de la douleur n’est pas forcément le lieu du problème

En effet, la douleur peut être ressentie à un endroit, et n’être qu’une compensation d’un problème situé à un autre endroit.

Prenons un exemple fréquent pour illustrer cela : un patient se plaint de douleurs lombaires depuis quelques semaines, sans raison apparente. Lorsque l’on interroge le patient, et lors de l’examen ostéopathique, on s’aperçoit en fait que le patient a eu une entorse de cheville non traitée quelques mois auparavant, ce qui a sans doute occasionné une boiterie, et une compensation au niveau du bassin et des lombaires, le tout se manifestant par une douleur lombaire.

Dans ce cas, nous aurons à la fois à relâcher les tensions locales au niveau lombaire, mais aussi sans doute vérifier la mobilité et la souplesse des chevilles, des genoux, des hanches…qui ont pu être perturbées suite à l’entorse.

Ne soyez donc pas surpris que l’on vous examine de la tête aux pieds lors d’une séance alors que vous venez car vous avez mal uniquement à une épaule par exemple.

 

Pour finir, sachez que la douleur est très complexe, et nous ne connaissons encore certainement pas tout au niveau scientifique, mais il est en tout cas réellement très agréable en tant qu’ostéopathe de pouvoir soulager, rien qu’avec les mains, en une ou plusieurs séances, un patient qui présente une douleur, qu’elle soit vive, modérée ou légère, aigue ou chronique…

 

douleur

 

Voici quelques liens incontournables concernant la douleur :

http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/douleur

http://www.iasp-pain.org/index.aspx

http://www.sfetd-douleur.org

http://www.retrainpain.org/french-index