Névralgie pudendale

Avant propos : Cette page n’a pas pour but de donner une définition précise de la névralgie pudendale, d’autres sites spécialisés le font très bien (cf. en bas de page). Il s’agit plutôt d’amener une réflexion sur l’apport de l’ostéopathie sur cette pathologie.

D’autre part, Gianni MARANGELLI est membre de l’équipe pluridisciplinaire du Docteur Baude à la clinique Eugène André Trarieux à Lyon. Il est ainsi spécialisé dans les douleurs pelvi-périnéales et la névralgie pudendale (et sa « petite soeur », la névralgie clunéale).

Définitions

La névralgie pudendale est une douleur neuropathique, liée au nerf pudendal, dont le territoire se situe au niveau du périnée (de l’anus à la verge ou au clitoris). La douleur est aggravée en position assise et ne réveille pas la nuit (la douleur est soulagée par la position allongée). Elle peut être à droite ou à gauche (il y a un nerf pudendal de chaque côté), ou parfois bilatérale (des 2 côtés). Les patients peuvent ressentir des brûlures, des picotements, des sensations de déchirement ou d’étirement, au niveau de la vulve, du vagin, du périnée et de l’anus chez la femme, du pénis, des testicules, du périnée et de l’anus chez l’homme. Bien que ce ne soit pas le territoire du nerf pudendal, parfois les douleurs s’étendent au pubis, aux plis de l’aine, aux fesses, aux cuisses, au bas du dos. Il y a une prédominance féminine, mais elle peut aussi bien toucher les hommes.

Le diagnostique est clinique (en présence de ses différents symptômes), et la confirmation du diagnostique se fait en général par un bloc anesthésique du nerf pudendal positif (il s’agit d’anesthésier le nerf pudendal afin de tenter de diminuer les douleurs de manière passagère, car ce n’est pas un traitement mais un moyen diagnostique).

La douleur peut être liée à une compression (au niveau du bassin : Canal d’Alcock, ligaments sacro-épineux et sacro-tubéraux notamment) ou à un étirement du nerf pudendal. On retrouve souvent un ou plusieurs accouchements dystociques (difficiles) chez la femme, une pratique importante du vélo, des traumatismes locaux (antécédents de viol par exemple) ou antécédents chirurgicaux locaux comme les hémorroïdes par exemple.

Bien souvent, les patients mettent du temps avant qu’on leur pose le diagnostique, pour plusieurs raisons :

-la zone du périnée est souvent taboue, ainsi les patients mettent du temps à consulter pour une douleur ressentie à ce niveau.

-la névralgie pudendale reste encore mal connue par certains professionnels de santé, donc les patients errent de praticiens en praticiens (médecins, gynécologues, dermatologues, urologues, ostéopathes…) avant de tomber sur la personne qui suspectera ce diagnostique.

-parfois la symptomatologie est très nette, mais parfois elle n’est pas très claire, et peut être mêlée à d’autres névralgies comme la clunéale, la sciatique, la cruralgie, la méralgie paresthésique…ou à d’autres pathologies comme les hémorroïdes, les MST (maladies sexuellement transmissibles) ou les troubles gynécologiques ou urologiques.

Les douleurs sont souvent vécues très difficilement, à la fois à cause de leur intensité, donc une gène physique réelle, mais cela crée aussi une gène psychologique, liée à la localisation de la douleur au niveau de cette zone intime, et empêchant certaines activités sociales comme le fait d’aller au cinéma ou au restaurant.

L’impact de la névralgie pudendale est donc souvent très important pour les patients.

Sur le plan médical, les traitements sont à la fois médicamenteux afin de calmer les douleurs neuropathiques, de la kinésithérapie et du TENS (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulatior en anglais, NeuroStimulation Electrique Transcutanée en français) sont très souvent proposés, et parfois une chirurgie décompressive est proposée aux patients.

L’ostéopathie

La névralgie pudendale, et sa « petite soeur » la névralgie clunéale (territoire différent du nerf pudendal, plutôt postérieur entre la fesse et la cuisse), et d’une manière générale les douleurs pelvi-périnéales sont assez complexes.

Nous avons suivis et suivons toujours un certain nombre de patients concernés, et l’expérience nous montre qu’une approche globale semble nécessaire, c’est-à-dire de ne pas se limiter uniquement à la zone du bassin, mais de considérer le corps tout entier.

Ces douleurs étant très souvent majorées par le stress et les contractures de manière générale, il s’agit donc de relâcher au maximum les tensions globales du corps, afin que le périnée puisse se relâcher par la suite également.

Le traitement se fait par des techniques tissulaires douces et jamais douloureuses (afin justement de ne pas entraîner de contractures réflexes), souvent au niveau du crâne et des cervicales, du diaphragme, du dos, du bassin également bien sûr…n’importe où nous pouvons ressentir des tensions sur le corps.

Les patients nous demandent souvent combien de séances sont nécessaires. Selon nous, il n’y a pas de règles. Bien souvent, nous faisons 2 à 3 séances pour évaluer l’effet de l’ostéopathie sur les douleurs. Mais cela va dépendre du patient, de son historique, de ses symptômes, des tensions que l’on retrouve à l’examen…car chaque patient est différent. Il s’agit donc de réaliser un interrogatoire précis et approfondi à la fois concernant les douleurs, l’environnement, les antécédents et l’historique de la maladie, puis de faire un examen clinique poussé afin de mettre en évidence toutes les zones de tension qui peuvent créer ou faciliter les douleurs. A noter que nous ne réalisons pas de techniques internes (toucher rectal ou vaginal), ces techniques étant interdites aux ostéopathes exclusifs, nous travaillons avec des kinésithérapeutes spécialisés pour ce genre de pratiques, qui sont parfois mais pas toujours nécessaires.

Nous travaillons avec d’autres professionnels spécialisés dans la prise en charge de ces douleurs, car une approche pluridisciplinaire est souvent nécessaire et bénéfique.

Pour toutes questions, n’hésitez pas à contacter Gianni MARANGELLI, spécialisé dans la prise en charge de ces douleurs. Il saura également vous orienter vers d’autres professionnels spécialisés si besoin (médecins de la douleur, kinésithérapeutes, hypnothérapeutes…).

http://www.association-ainp.com

http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/Disease_Search.php?lng=FR&data_id=10804

http://www.pudendalsite.com

http://www.sifud-pp.org/Data/upload/pdf/critenhi.pdf

http://www.snfcp.org/maladies-et-malades/informations-grand-public/divers-grand-public/article.phtml?id=rc%2Forg%2Fsnfcp%2Fhtm%2FArticle%2F2011%2F20111118-170542-221